La bibliothèque moderne est-elle intemporelle ?

Bibliothèque vs librairie : les bibliothèques vont-elles devenir commerçantes ? Quel avenir pour les ressources physiques et numériques ?

Avec l’avènement de l’ère numérique et les difficultés financières actuelles, le modèle démocratique et universitaire de la bibliothèque faisant office de reflet du savoir sociétal semble remis en cause. Le livre numérique pourrait pourtant sauver celui-ci.

Comme le constate le New York Times, “des bibliothèques ouvrent alors que les librairies disparaissent”. Un fait paradoxal dans un contexte de coupes budgétaires et de remise en cause de la lecture dans sa forme classique. N’oublions pas que le rôle de la bibliothèque et les modes de fonctionnement propres à celle-ci connaissent toutefois des mutations profondes liées à ce phénomène.

Vers des bibliothèques-librairies ?

Les difficultés auxquelles les institutions culturelles sont actuellement confrontées ne sont pas étrangères à ces évolutions, bien au contraire. En effet, tout comme beaucoup d’équipements publics, les bibliothèques se heurtent à des considérations économiques et structurelles de plus en plus pressantes. De manière croissante, celles-ci ont pour obligation de rationaliser leurs activités à l’extrême, notamment en ce qui concerne les collections qu’elles proposent au public : ces dernières doivent séduire et attirer les lecteurs. L’idée de mission démocratique, qui accompagnait l’existence de ce type d’établissements depuis des décennies, semble en effet être supplantée.

À ce sujet, le New York Times présente plusieurs exemples de bibliothèques américaines se focalisant sur les best sellers (jusqu’à posséder des dizaines d’exemplaires de “Fifty Shades of Grey”) et renouvelant sans cesse leurs ressources en agissant à la façon des commerçants : acquérir des livres prisés pour une mise à disposition immédiate auprès du public et revendre les ouvrages en manque de popularité.

Ce type de politiques est à la fois critiquable et appréciable : en effet, même si le public doit certainement dicter – un minimum – les stratégies déployées par les bibliothèques, la mission de ces dernières se voit profondément affectée par ce genre de visions. Au fond, le savoir est intemporel – même s’il se compose de différentes couches évolutives, inscrites dans le temps – et ne doit pas être appréhendé sous l’angle de la popularité, il en va de même pour la littérature. Il peut ainsi être dommageable d’effectuer des choix basés simplement sur les attentes du grand-public. Les bibliothèques sont toutefois limitées dans leurs dépenses et dans leurs emprises, plus encore, il est évident qu’il est impossible pour celles-ci d’acquérir et de conserver tous les ouvrages disponibles sur le marché.

Des contraintes insurmontables ?

Bien que le coût des acquisitions n’évolue que peu dans le temps, le numérique permet assurément de réduire la place allouée aux collections. Avec le eBook et les formats numériques, les bibliothèques sont désormais capables de limiter leurs emprises spatiales, et ce en mixant ressources digitales et physiques. De plus, l’enrichissement continuel de l’offre numérique modifie les contraintes liées à la gestion de collections, il s’agit à présent d’intégrer, d’incrémenter et de mêler adéquatement les différentes ressources : des tâches que les solutions développées par Mondo-In gèrent avec efficacité.

Il ne s’agit pas pour autant de passer au “tout numérique” : mixer le digital avec les formats physiques permet de gérer plus facilement et rationnellement les ressources proposées au public.

 

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